Pourquoi les inégalités de patrimoine sont-elles mieux tolérées que d'autres?

Michel Forsé - CNRS, CMH | Alexandra Frénod - CNRS, GEMASS | Caroline Guibet Lafaye - CNRS, Centre Emile Durkheim | Maxime Parodi Sciences Po, OFCE

Revue de l’OFCE, 156 (2018)

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Résumé

Les sondages, et notamment celui qui est étudié dans cet article, se succèdent pour montrer que les Français sont plus tolérants à l'égard des inégalités de patrimoine que vis-à-vis d'autres types d'inégalités, même lorsqu'elles sont aussi à caractère économique. Une enquête par entretiens semi-directifs auprès de trois générations de 35 lignées familiales (n = 105) a permis de mettre à jour trois logiques propres venant structurer les opinions sur la transmission patrimoniale : celle du libre agent, celle de l'égalité citoyenne et celle que l'on peut qualifier de familialiste. Quelle que soit cette logique, beaucoup d'interviewés soulignent aussi l'importance de la transmission culturelle et/ou affective. Il faut d'ailleurs noter que les membres d'une même lignée ont tendance à partager des opinions assez proches. Pour les niveaux plutôt faibles de patrimoine auxquels ils songent spontanément, ils manifestent une très forte aversion face à l'idée de taxer l'héritage, surtout s'il s'agit de la maison familiale.
Pour des niveaux beaucoup plus élevés, une taxation importante n'est cette fois guère contestée.

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